L’action communautaire : de tous les secteurs

En action communautaire, les secteurs d’activités sont variés et répondent à divers besoins. Ces secteurs sont interconnectés, et souvent les organismes communautaires sont présents dans plus d’un secteur pour que leur communauté ait accès à une offre de service complète. 

Certains organismes s’adressent à un groupe d’âge déterminé ou ciblent précisément des sous-groupes de la population, alors que d’autres desservent toute la collectivité. Ça veut dire que le communautaire, c’est pour tout le monde!

Nous vous présentons ici quatre organismes membres de la CDC du Kamouraska afin d’illustrer le large spectre d’action de ces acteurs qui travaillent jour après jour à l’amélioration de notre filet social.

Aide aux travailleurs accidentés (ATA)

L’Aide aux travailleurs accidentés exerce principalement des activités de défense et de promotion des droits auprès des personnes victimes d’accidents du travail, de maladies professionnelles, d’accidents de la route, ainsi qu’aux personnes congédiées ou victimes de harcèlement psychologique ou sexuel au travail.

L’ATA offre un grand nombre de services : représentation et accompagnement, soutien psychosocial, références pour des services juridiques, démarches collectives pour la reconnaissance des droits, groupes d’entraide, activités sociales pour les membres, et ateliers de formation dans les milieux scolaires et professionnels.
À sa création en 1987, on traitait à l’ATA une dizaine de dossiers par année. À l’heure actuelle, on en dénombre plus de 700 par année. La liste des services s’est allongée avec le temps, pour inclure tout ce qui touche le monde du travail. Le territoire desservi s’est aussi agrandi pour combler les trous de service et ne laisser personne derrière. Le travail est colossal, et les statistiques de l’organisme ne mentent pas!

L’équipe d’ATA est composée de deux intervenantes et d’une adjointe administrative qui travaillent ensemble depuis une dizaine d’années. Leur mécanique est bien huilée! Les deux intervenantes de l’organisme, Marie-Ève et Marie-Christine, expliquent toutefois qu’il y aurait en plus une personne dédiée à l’intervention psychosociale dans l’équipe, si leur financement le leur permettait. 
Et pour cause : environ 65 % de leur clientèle vit de la détresse psychologique, ou en vivra au courant de la démarche de reconnaissance de droit. On oublie parfois que les accidents du travail et les maladies professionnelles affectent toutes les sphères de la vie personnelle, en plus de la vie professionnelle. Et c’est sans compter les préjugés que subissent les travailleurs en incapacité de travailler…

Territoire actuellement desservi par l’ATA

APHK & APPH

L’Association des personnes handicapées du Kamouraska Est (APHK) et l’Association pocatoise des personnes handicapées (APPH) sont les deux organismes de promotion et défense des droits des personnes handicapées au Kamouraska. On peut résumer ainsi leur raison d’être : faire une différence dans la vie des personnes handicapées, par leurs actions et leurs activités, en plus de sensibiliser la population générale à la réalité quotidienne à laquelle les personnes handicapées doivent faire face. 

Leur mission touche la même clientèle — les personnes handicapées et leurs familles —, mais on ratisse large quand on parle de « personnes handicapées » : personnes vivant avec une limitation physique, sensorielle ou intellectuelle, personnes ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA), un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA-H), ou un trouble envahissant du développement (TED). Les deux organismes sont situés au Kamouraska, mais l’APHK dessert les municipalités à l’est du territoire, tandis que l’APPH dessert celles de l’ouest, en plus de Saint-Roch-des-Aulnaies et de Sainte‑Louise.

L’APHK a fêté 40 ans en février 2024, tandis que l’APPH fêtera 47 ans en décembre 2024. Depuis leur création, les deux organismes font des activités d’intégration dans le milieu, organisent des sorties au cinéma ou au restaurant, invitent la population à des journées spéciales. Carole Lévesque et Nancy Boucher, respectivement directrices de l’APHK et de l’APPH, observent que les préjugés envers les personnes handicapées ont diminué au fil des ans : plus il y a d’activités d’intégration, moins il y a de préjugés.
Précisons que les activités et les services offerts par chaque organisme sont différents, puisqu’ils visent à répondre aux demandes et aux besoins de leurs membres respectifs. C’est d’ailleurs ce qui crée leur sentiment d’appartenance envers l’organisme qu’ils fréquentent.

Sortie de l’APHK au Grand labyrinthe Kamouraska

Arc-en-ciel du cœur du Kamouraska

L’Arc-en-ciel du cœur du Kamouraska travaille en santé cardiovasculaire depuis 1991, à travers des programmes de prévention primaire et de réadaptation. L’ouverture d’un nouveau local en 2021, sur la 4e Avenue à La Pocatière, a permis d’offrir des périodes d’entraînement à un plus grand nombre de personnes, et d’étendre le champ d’action de l’organisme. 

Chaque année, pas moins de 250 personnes s’inscrivent aux entraînements réguliers, et l’organisme offre jusqu’à 44 heures d’entraînement par semaine, à raison de 39 semaines par année. Mais la demande est grande : déjà, on arrive à saturation, et l’organisme se doit encore d’évoluer pour répondre aux besoins de la communauté!

Isabelle Dionne, directrice de l’Arc-en-ciel du cœur, est fière de son équipe de travail, qualifiée, professionnelle et engagée envers l’organisme. À preuve, l’équipe est entièrement formée de kinésiologues (à l’exception d’une éducatrice physique), et l’organisme travaille en partenariat avec le département des maladies chroniques de l’hôpital de La Pocatière. Isabelle constate un fort sentiment d’appartenance, autant de la part des employé(e)s que des membres de l’organisme. Elle-même travaille à l’Arc-en-ciel du cœur depuis 2015, et elle y côtoie des membres qui s’y entraînent depuis plus de 20 ans. 

C’est sa mission sociale et l’accompagnement qu’il offre à ses membres qui distinguent l’Arc-en-ciel du cœur d’un gym d’entraînement ordinaire. Notons qu’il s’agit du seul organisme communautaire autonome au Québec qui offre des activités de prévention et de réadaptation des maladies cardiovasculaires. À l’Arc-en-ciel du cœur, on souhaite que le service soit le plus accessible possible pour les personnes ayant une maladie cardiovasculaire, ou qui sont à risque d’en développer une.

 Séance d’entraînement à l’Arc-en-ciel du cœur du Kamouraska

CAAP Bas-Saint-Laurent

Le Centre d’assistance et d’accompagnement aux plaintes (CAAP) Bas-Saint-Laurent a 30 ans cette année. Cet organisme communautaire est porté par une mission d’assistance et d’accompagnement des personnes, à travers deux mandats.

En premier lieu, CAAP Bas-Saint-Laurent est là pour toutes les personnes qui ont des problèmes en lien avec des services financés issus du ministère de la Santé et des Services sociaux. Cela s’applique aux services déjà reçus ou à recevoir de la part de toutes les ressources et organisations financées par le ministère : établissements du réseau de la santé (dont les CLSC et CHSLD), résidences privées pour aînés (RPA), centres de réadaptation, CRDI, centres jeunesse, centres de thérapie en toxicomanie, services ambulanciers, et même certains organismes communautaires.

En deuxième lieu, les CAAP du Québec ont développé le nouveau mandat CAAP sur le bail, après avoir constaté que les personnes aînées vivant dans les RPA n’avaient pas de ressource pour les aider quand des problèmes émergeaient au niveau de leur bail. 

Au CAAP, on note que plusieurs personnes peuvent être freinées par l’aspect administratif et bureaucratique d’un recours ou d’une plainte envers le réseau de la santé et des services sociaux, ou encore envers les gestionnaires d’une RPA. L’équipe du CAAP se fait un devoir de faciliter la parole de l’usager insatisfait, à travers une diversité de stratégies et de recours. La plainte est l’une des démarches pour lesquelles le CAAP peut fournir un accompagnement, mais chaque démarche n’a pas nécessairement besoin de passer par une plainte. 

Depuis la création du CAAP, le nombre de dossiers et d’accompagnements est en constante augmentation, année après année, signe que le Régime d’examen des plaintes est de plus en plus connu par la population. En cas de problème ou d’interrogation, il suffit de les appeler : ça commence par de l’information, c’est confidentiel et c’est gratuit. 

Rencontre de soutien avec une conseillère du CAAP Bas-Saint-Laurent