Petite introduction à l’économie sociale

Avec la collaboration des Ateliers Mon-Choix, d’Économie sociale et solidaire Bas-Saint-Laurent et de la MRC de Kamouraska

Aussi qualifiées d’entrepreneuriat collectif, les entreprises d’économie sociale poursuivent une mission sociale, et sont organisées autour de la réponse à un besoin, plutôt que de la recherche de profits. 

Au Québec, des initiatives correspondant à l’économie sociale ont vu le jour depuis le milieu du 19e siècle — on peut notamment penser aux caisses populaires Desjardins. Aujourd’hui, l’économie sociale et solidaire est générée, partout à travers le Québec, par plus de 11 200 entreprises collectives, qui cumulent un chiffre d’affaires de 47,8 milliards de dollars, et emploient près de 220 000 personnes. Au Bas-Saint-Laurent, plus de 330 entreprises d’économie sociale génèrent 5600 emplois, et une activité économique de 700 millions $, selon le portrait réalisé par Économie sociale et solidaire Bas-Saint-Laurent en 2022.

Mais qu’est-ce qu’on entend exactement par « économie sociale »?
En octobre 2013, le gouvernement du Québec adopte la Loi sur l’économie sociale, et en précise la définition.

Geneviève Chevalier, conseillère en entrepreneuriat spécialisée en économie sociale à la MRC de Kamouraska, la résume en cinq
piliers :

  • Une entreprise d’économie sociale doit être constituée en tant qu’OBNL, coopérative ou mutuelle;
  • Elle doit répondre à un besoin du milieu où elle prend place, avoir l’appui du milieu, et être portée par ses gens. Elle va là où les entreprises privées n’iraient pas, par manque de rentabilité à court terme;
  • Elle doit avoir des activités économiques (vendre des produits et services), viser une pérennité économique, et présenter une posture entrepreneuriale. Tout comme une entreprise privée, ses activités marchandes sont au cœur de ses activités, mais en concordance avec une mission sociale bien définie;
  • Elle doit présenter une gouvernance démocratique saine, c’est-à-dire que les décisions sont prises par ses membres (un membre = un vote), et que l’organisation est transparente face aux membres;
  • Les surplus financiers ou les reliquats doivent être réinjectés dans l’entreprise ou dans la communauté.

En somme, la raison d’être des entreprises d’économie sociale n’est pas de créer de la richesse pour une poignée d’individus, mais pour tout un milieu de vie, tout en comblant un besoin qui ne serait pas comblé par l’entreprise privée.

Pour en savoir plus, consultez :

À quoi ça ressemble, l’économie sociale au Kamouraska?

Le secteur de l’économie sociale représente un pilier essentiel dans le tissu économique et social de notre communauté kamouraskoise. Il se positionne comme un modèle alternatif et complémentaire aux secteurs public et privé. 

Le Kamouraska est l’une des régions les plus florissantes en économie sociale, selon Marc Fraser, directeur d’Économie sociale et solidaire Bas-Saint-Laurent (ÉSSBSL) : 51 entreprises d’économie sociale reconnues ont été dénombrées au Kamouraska. Ça fait partie de nos traditions entrepreneuriales, et ça nous viendrait de notre profil agricole, notamment de l’importance des coopératives agricoles dans notre région. Geneviève Chevalier le souligne également : « Le Kamouraska représente l’un des plus beaux terreaux au Québec pour les entreprises d’économie sociale et solidaire, si l’on considère leur nombre par habitant; signe qu’au Kamouraska, il y a une prise en charge du milieu pour répondre à ses besoins. » 

On utilise les services de ces entreprises, et on achète leurs produits sans nécessairement savoir qu’elles sont des vecteurs de transformation sociale et économique. Pensons à Services Kam-Aide, à la Télévision communautaire du Kamouraska (TVCK), à Moisson Kamouraska, à la Résidence L’Envol, à Trans-Apte… même le Journal Le Placoteux est une entreprise d’économie sociale!

Devanture des Ateliers Mon-Choix

Monique Côté, vice-présidente des Ateliers Mon-Choix, raconte qu’elle est passée devant la boutique Mon-Choix par hasard, en 2022, et qu’elle a été charmée par sa mission dès qu’elle y est entrée. La même année, elle a intégré le conseil d’administration de l’organisme. 

Les Ateliers Mon-Choix sont nés d’une mini-entreprise créée au sein de l’École secondaire Chanoine-Beaudet en 1986. À ce jour, sa mission demeure : offrir un programme d’accompagnement et de développement des compétences requises pour obtenir et intégrer un emploi aux jeunes et aux adultes éloignés du marché du travail. 

À travers ses multiples volets (déchiquetage de documents confidentiels, atelier de couture, sérigraphie et broderie, surcyclage et revalorisation de vêtements de travail, boutique Mon-Choix), les projets des Ateliers Mon-Choix sont réfléchis à partir de trois
angles : social, environnemental et économique. 

Atelier de couture des Ateliers Mon-Choix

Économie sociale et action communautaire

Si on est observateur, on le remarque rapidement : les secteurs de l’économie sociale et de l’action communautaire sont très proches l’un de l’autre. Selon le Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’économie sociale et de l’action communautaire (CSMO-ÉSAC), les entreprises et organismes du secteur ont comme caractéristiques communes :

  • D’être des organismes à but non lucratif ou des coopératives;
  • D’être gérés démocratiquement;
  • De posséder une autonomie de gestion;
  • De viser des objectifs sociaux, mais également économiques dans le cas des entreprises de l’économie sociale.

Finalement, ce qui distingue les entreprises d’économie sociale des organismes communautaires, c’est la posture entrepreneuriale : en économie sociale, les activités marchandes sont centrales. Cela ne veut pas dire qu’un organisme communautaire n’a aucune activité marchande, mais plutôt que ce n’est pas sa réponse aux besoins observés dans le milieu.

Cela dit, on retrouve des organismes communautaires qui ont suffisamment d’activités marchandes pour être également reconnus comme des entreprises d’économie sociale : c’est notamment le cas de Moisson Kamouraska, de Tandem-Jeunesse, et de l’Association des personnes handicapées du Kamouraska Est, avec sa boutique APHK.

Boutique APHK